À l’occasion de l’exposition collective Lascaux 5, imaginée par Manuel Pomar, je suis invité à participer à l’événement en tant que DJ. C’est dans ce contexte que je réalise une intervention plastique sur la façade extérieure du lieu, à partir de chutes de PMMA miroir, argentées et dorées.
Composée directement sur le mur, cette forme spontanée et non signée inaugure une série de collages urbains intitulée Éclats clandestins.
Ce geste marque le point de départ de la série : des assemblages réalisés à partir de chutes de scultures ou découpe d'installation de David Brunner.  en transformant des rebuts en signes et en jouant avec les reflets de l’environnement.
Avec Des chutes sans gravité, cette intervention ouvre un dialogue entre matière, architecture et mémoire. Le mur devient un support d’expression, une surface de traces, comme une paroi sur laquelle un signe aurait été laissé à travers le temps.
Sur la façade extérieure, L’intervention se fait sans annonce préalable à l’organisation et sans signature. Elle prend place dans l’environnement immédiat de l’exposition, comme une œuvre apparue dans la rue, à la marge du programme officiel.
Ce déplacement est fondateur : répondre à une invitation par une action inattendue, faire sortir l’œuvre de l’espace d’exposition et considérer la ville elle-même comme un terrain d’intervention.
Une empreinte dans la ville
Le geste anonyme fait écho à l’art pariétal : des signes déposés sur une paroi, des formes qui semblent surgir de la matière et traverser le temps. La référence aux grottes ornées n’est pas une imitation, mais une manière de penser l’intervention comme une trace, une présence laissée sur un support déjà chargé d’histoire et d'un lieu tel Lieu Commun Artist Run Space.
Cette recherche rejoint les formes stylisées et les galets peints de l’art azilien, que David Brunner a explorés lors de sa résidence à la Casa d’Oro, au Mas-d’Azil. Dans le collage mural, les fragments miroitants composent une figure ouverte : entre masque, crâne, signe et constellation de formes.
L’intervention détourne des matériaux voués au rebut et déplace les usages attendus de la façade et de la rue. Elle fait écho à l’esprit situationniste, notamment à l’idée de détournement : reprendre des éléments existants, les déplacer de leur fonction première et produire une autre lecture du quotidien.
Il ne s’agit pas d’illustrer une théorie, mais d’en faire l’expérience par un geste direct, accessible et inattendu.
Éclats clandestins
Des fragments issus de découpes, voués au rebut, sont assemblés puis collés sur des murs et des façades. Hors des cadres habituels de l’exposition. Ce qui était considéré comme un déchet devient une matière de création. Les morceaux réfléchissants accrochent la lumière, captent des portions de rue et renvoient au passant une image morcelée de son environnement.
Ces interventions proposent une réappropriation poétique et critique de l’espace public. Sans commande ni dispositif spectaculaire, elles introduisent une présence artistique libre dans le décor urbain et invitent à regarder autrement les lieux que l’on traverse chaque jour.
Des chutes sans gravité
Des chutes sans gravité est une pièce de la série Éclats clandestins. Le titre joue sur le double sens de la chute : les chutes de matière récupérées après la découpe, et la chute imaginaire de fragments qui semblent échapper à la pesanteur. La composition hésite entre abstraction, masque et figure totémique. Les vides ménagés entre les morceaux participent pleinement au dessin.
Les surfaces réfléchissantes ne donnent jamais une image fixe. Elles captent la lumière, les couleurs de la façade, les briques voisines et les mouvements de la rue. Le passant et le paysage entrent ainsi dans l’œuvre par reflets successifs.
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